J’avais dix ans lorsque mon papa m’avait dit: « si tu me donnes la vérité, je ne vais pas te fouetter. »
Il répétait avec une violence suave: est ce que c’est toi qui as frappé ton ami en premier? Vas-y! donne moi la vérité, sois sincère à mon égard, et tu auras la chance. » Ainsi, je répondais avec ma voix mouillée d’amertume : oui, c’est moi « qui ai frappé Jude en premier papa  » .
En guise de récompense pour ma sincérité, il m’avait fouetté pour qu’il puisse me corriger, disait-il. Voici où j’ai commencé à comprendre les hommes.

À l’âge de dix-huit ans, dans ma salle de Philo au collège coeur de Jésus, il y avait une demoiselle mystifiée par sa beauté.
elle avait des yeux lunaires et
un corpus garni de poils.
J’ai beau m’imaginer me menotter avec la chevelure de son corps. L’imagination n’a pas de limite, mais sortir là-dedans pour aller dans le réel n’est pas vraiment aisé. De toute façon, il faut oser ! Un Petit pas, un bonjour, un sourire, un regard, une félicitation, un remerciement, un coup d’œil timide, une joie neigée par le feu, un échange de numéro et enfin une amitié.
Dans l’étape de la présentation, Je lui ai tout raconté sur ma personne: mon vécu, mes défauts, mes goûts, ma famille; je l’avais même témoigné l’endroit où j’habitais. Celui-ci qui était un quartier pauvre mais les gens étaient riches dans le cœur. C’est agréable lorsqu’on dit les choses comme elles sont, et surtout quand vous les dîtes avec quelqu’un dont vous préférez de tout cœur. Lorsqu’on aime quelqu’un, devrait-on lui mentir pour pouvoir le conquerir ? Je ne vois pas l’intérêt. Après trois mois où notre amitié a été coloriée de présentation, brusquement, elle m’avait dit non, Parce qu’elle a beaucoup réfléchi sur ma définition( mes défauts , mes parents, mon quartier…) elle avait donc conclu ainsi: » tu es vraiment sincère, mais je n’aime pas tout ce que tu me dis à ton propos. » elle attendait plus de moi, mais je ne dis pas ce qu’on veut entendre. C’est ça la formule des « gentlemans ». Ce jour-là,
Elle m’avait plongé dans une mélancolie de regret, volcanisé par la solitude, tous mes amis qui savaient que j’étais son candidat, riaient sans arrêt sur mon état déplorable.
Je leur ai adressé et tout raconté. Ils m’ont dit: pourquoi ne l’as-tu pas dit que tu habitais à Pétion-ville? Pourquoi ne l’as-tu pas dit que tu es donnant, obéissant, sage…

J’ai répondu: « pourquoi on apprécie pas les défauts des autres, ils font aussi partie de l’homme. Je voulais tout simplement être honnête avec elle. Tu es naïf, adieu! Me disaient-ils, et ensuite, Ils m’ont répondu: tu es nouveau sous le soleil, tu devrais connaitre le monde; Ce dernier ne cherche pas les anges, et la société aime l’imperfection. Et si celle-là te dit qu’elle est morale, dites lui qu’elle s’est faussée, la société c’est comme ça: on achète le soleil avec un petit mensonge. Delà étant, Ils m’ont conseillé de réviser les cours de littérature, l’homme est né bon mais la société qui le corrompt, déclarait Rousseau.
Bienvenue! Bienvenue! Là où la vérité, l’honnêteté, la justice sont des
vocabulaires du ciel et non de la terre, expliquait Amos En chantant, le plus petit parmi nous . Et là je me suis rendu compte que J’étais naïf, je vivais pendant que je ne vivais pas parce que ma perception, ma sincérité faisait de moi un ange parmi les démons . J’étais pas homme. De toute façon, J’ai appris la leçon!

Aujourd’hui, j’ai changé, je suis devenu homme, semblable à vous, je mens pour exister. Les filles m’admirent puisque je connais maintenant le secret. J’ai même couché avec la fille qui m’avait repoussé lorsque j’étais à l’école, on s’est rencontré après quelques années, je lui ai donné une autre version de moi qui n’était pas moi, et elle m’avait fait confiance dans le mensonge en me donnant le gâteau. Franchement, je l’avais coucheé avec les larmes au cœur en raison d’une autre création que j’ai faite de moi pour qu’elle puisse m’accepter. J’aimerais tellement être honnête, sain comme j’étais né lorsque j’étais venu dans ce monde, mais grandir m’a changé, vous m’avez civilisé. Donc, je ne peux pas l’être ici, sincèrement ! Parce que vous n’allez pas accepter ainsi. Pensez-vous que votre copain sera pardonné s’il vous dit qu’il a couché avec l’une de vos sœurs ? Pensez vous que vous trouverez le boulot si vous ne trouvez pas une scène fausse à dire? Même au niveau le plus haut, mentir est noble. pensez vous que vous serez élu, accepté par le peuple cher candidat si vous ne le mentez pas ? Quelle société ! Elle nous oblige à être injuste pour survivre si non, on sera un ange au milieu des démons; et en conséquence, on mourra des grains de
perfection. Ici-bas, la perfection tue. J’ai enfin compris que mon papa voulait m’introduire dans la vie terrestre lorsqu’il m’avait demandé la vérité en échange de ne pas me faire du mal, et après l’avoir tout dit honnêtement, il m’avait fouetté en me disant qu’il allait me corriger. C’est vrai ! Il allait me corriger pour que je ne puisse jamais donner la vérité. J’étais trop petit pour comprendre.

Maintenant j’ai grandi. On le dit: la vérité blesse. Donc, si vous êtes vrai, vous serez bléssant, méchant, et même condamnable aux yeux des autres. Pourquoi ce n’est pas le mensonge qui blesse, qui tue, qui déchire ? Je ne sais pas. Moi, j’ai pleuré à maintes fois que je mente pour gagner la confiance des autres, car, je n’ai pas aimé cette tête. je veux trouver ma nature: être juste et vrai. Il y a un pasteur qui m’a dit, le mois dernier, qu’il est marié deux fois et qu’il mène une vie pécheresse mais il veut tellement changer de vie et tout dévoiler avec ses membres afin de se repentir, par contre, ils vont me jeter en enfer, me rabaisser, et ne me donner plus la chance d’être de leurs. La vérité est l’ennemie du pardon. Alors je me résigne, je suis plus confortable dans le mensonge même si au fond je me sens coupable. Honnêtement, les hommes n’aiment pas le mensonge mais ils l’acceptent, et ils aiment la vérité mais ils ne l’acceptent pas. Je ne sais pas ce qu’ils veulent pour de Vrai! Moi tout ce que je veux c’est dire la vérité quoi qu’il arrive. Mais ici, le jour où je serai ainsi, vous me jetterez dans l’inexistence. J’en ai marre de ce monde, alors je prends ma valise, toutes mes affaires, je pars loin d’ici. loin de vous, même si là ou j’irai, je ne sais pas s’il y aura un monde vrai. En fait, ce serait pas différent du vôtre. J’espère retourner un jour, un jour où je saurais que vous aurez changé la donne. Mais ne m’attendez pas, je ne sais pas si je serai vivant. La vie est courte.

Dessources Kervens, étudiant en sciences juridiques à la FDSE, Poète, Slameur,et écrivain.
Dit
*Vens le penseur *
TLF:44493869
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Un ange parmi les démons*
Écrit par Vens le penseur

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